Venir, courir et se perdre

En course à pied, les entraînements deviennent très souvent routiniers. Fréquence des sorties, parcours, tous les coureurs ont leurs petites habitudes. Dans ce post, je veux vous convaincre de quitter vos chemins favoris et de partir à l'aventure. Rien de mieux que son parcours préféré pour mesurer ses progrès mais pour prendre son pied, sortez des sentiers battus et perdez vous !

Pendant les fêtes de fin d'année c'était l'occasion de quitter la capitale pour rendre visite à ma famille et bien sûr, il est hors de partir sans mes chaussures de trail. Lassé de courir toujours sur les mêmes trottoirs et dans les mêmes parcs, je ne veux surtout pas manquer une occasion d'aller m'aventurer dans les forêts et les champs de ma contrée natale.

Je suis originaire de Franche-Comté et mes parents habitent en pleine campagne à une vingtaine de kilomètres de Besançon. J'y ai passé mon adolescence de 10 à 18 ans mais je n'y ai pas énormément couru. Cette passion m'est venue plus tard, pendant mes études. Au final, je connais assez mal les bois aux alentours dès qu'on s'éloigne de deux ou trois kilomètres. Alors à chaque fois que j'ai une occasion de sortir courir là-bas, j'ai l'impression de découvrir les sentiers et c'est le dépaysement garanti. Ayant petit à petit ces derniers mois retrouvé de bonnes sensations dans mes jambes, je ne voulais surtout pas manquer cette occasion de me lancer à l'aventure avec Carine. Pour s'éloigner, il faut dès le début affronter les dénivelés. Sur les cailloux et les racines, nos pieds cherchent leur appuis et nos yeux ne décollent pas du sol. On aperçoit la forêt autour de nous mais impossible de l'observer. Les yeux concentrés à lire le chemin, je retrouve avec excitation la frustration du traileur : courir dans un superbe paysage mais ne jamais pouvoir l'admirer.
Dans les montées, mon coeur se réveille, tape dans ma poitrine et l'acide lactique brûle mes jambes. Mon cardio s'affole, ma respiration s'emballe mais j'exulte. Mes jambes me portent enfin là où j'en ai envie. Dans les descentes, je ne suis pas assez rapide pour suivre Carine mais peu importe, c'est déjà une joie immense de faire cette sortie ensemble.
Nous ne savons pas où nous allons exactement et les chemins s'enchaînent. Aux pierres, se succèdent les racines, puis la terre, la boue et parfois même nous croyons dans un marécage. Parfois il y n'y a plus de sentier, juste la forêt et nous slalommons entre les arbres. J'aime plus que tout cette sensation de ne pas savoir vraiment où je vais, par où je vais passer, ni même combien de temps je vais courir. J'aime prendre le terrain comme il vient, un pas après l'autre. Secrètement, j'espère me perdre et faire de longs détours.
Ça ne rate pas, à plusieurs reprises, nous nous perdons, et pour trouver le prochain sentiers nous coupons à travers bois et champs. Je dois être patient et encore raisonnable alors je surveille ma montre GPS et je fais attention à ne pas trop nous éloigner de notre point de départ.
En partant ainsi à l'aventure , j'abandonne tout repère de distance et de temps. Il y a un départ mais il n'y a pas vraiment de ligne d'arrivée. Je ne compte pas les kilomètres et la vitesse est une notion qui disparaît. Je profite à fond de la course. La boue, les flaques, les ornières, la pente, rien que ça et tout ça à la fois pour se faire plaisir ! Prenez vos baskets les plus sales et oubliez votre chronomètre !

 

Le tracé de cette sortie en forêt comtoise