Corrida me voilà !

Bientôt 9 mois depuis la dernière fois que j'ai porté un dossard et enfin je suis à nouveau inscrit à une course.

Les footings de ces derniers mois, je peux les compter sur mes doigts. Pour ma rééducation, j'ai privilégié le vélo mais je n'ai pas pu m'empêcher de sortir courir quelques fois. Et même en marchant dans la neige, il m'a été impossible de résister à l'envie de faire quelques foulés. Pour le moment, je préfère m'arrêter avant d'avoir des douleurs et mes sorties durent entre 30 et 40 minutes. Je suis un peu frustré mais au moins je n'y prends que du plaisir !

C'est comme recommencer depuis le début. Il y a le bon et le mauvais. Bien sûr, c'est extrêmement frustrant de voir deux ans d'entrainement et de progrès anéantis.C'est comme travailler plusieurs heures sur un document et quitter en oubliant de sauvegarder. Cela pourrait être décourageant. A l'inverse, en temps que néo-déboutant, c'est génial de progresser à toute vitesse et de voir d'une semaine à l'autre les progrès que l'on fait.

Pour me motiver, il me fallait un objectif et quoi de plus naturel que de prendre le dernier temps que j'ai enregistré : le marathon en 3 heures 09. C'était une semaine avant ma fracture, alors c'est logiquement à ça que je dois me mesurer pour savoir où en est ma récupération. Par contre, je ne veux pas me fixer d'objectif de délais, peut être que ce sera dans 6 mois, peut être dans 3 ans, peut importe, ce qui compte c'est de reprendre du plaisir vite !

Je parle de chronomètre mais ça n'a jamais été la source de mon plaisir. C'est une motivation et une satisfaction certe mais c'est surtout un moyen de mieux se connaître. Dans la course à pied, j'aime me sentir libre. Libre d'aller là où les chemins m'emmènent quelque soit les détours. C'est pour ça je préfère la distance à la vitesse. La vitesse fatigue, elle est éphémère. La distance au contraire me motive et je n'ai pas l'impression d'en avoir encore touché les limites. En 2012, après un marathon et 3 trails d'une quarantaine de kilomètres, j'ai fini l'année en participant à la Saintélyon. 72 kilomètres, c'est la plus longue distance que j 'ai eu l'occasion de courir. Au fil des kilomètres on apprend à se connaitre, à anticiper les besoins de son corps et surtout on apprend à durer, à courir comme si l'on marchait : sans s'épuiser.

Première étape pour retrouver tout ça, me voilà à nouveau inscrit à une course. C'est la fameuse Corrida de Noël d'Issy les Moulineaux. En réalité, je serai déguisé en père Noël et je ne serai pas chronométré, mais il y aura une ligne de départ, une ligne d'arrivée 10 kilomètres plus loin et je porterai mes baskets. Tous les ingrédients seront donc là pour prendre du plaisir et retrouver de bonnes sensations sans me mettre la pression. Alors à bientôt pour le débrief !