La Loire à vélo

20130928-191504.jpgSur les conseils d'amis et de quelques lectures sur La Loire à Vélo, nous avons réservé des billets de train de Paris vers Blois et au retour depuis Angers. Entre les deux, nous avons suivi la fameuse EuroVélo 6 et pris des détours au fil de notre inspiration. Et des choses qui valent le détour, la région n'en manque pas. Parsemé de châteaux tous les 10 km, l'itinéraire convient parfaitement au cycliste. Parfois même, le choix est cruel entre visites, pauses photo et le respect des étapes. Absorbés par les paysages et envoûtés par les vielles pierres, trois fois sur quatre, nous avons dû planter la tente de nuit. Si vous cherchez un guide du parfait randonneur, fermez vite cette fenêtre ! Heureusement, tout est mis en oeuvre pour sécuriser le voyage à vélo et nous n'avons eu aucune défaillance technique.

Cette rando-vélo est notre baptême. Nos vélos flambants neufs n'ont encore rien connu d'autres que le bitume parisien. Il est temps de les éprouver gentiment et nous aussi par la même occasion. C'est donc en purs novices du cyclotourisme et en puceaux de la petite reine que nous embarquons nos deux vélos et nos sept bagages à bords du TER. Maladroits avec notre matériel, les deux minutes d'arrêt à Blois nous paraissent bien courtes pour tout descendre. A peine avons nous déchargé un vélo et deux sacoches que la "foule" s'empresse déjà de monter à bord. Avec l'aide d'un autre voyageur et de quelques virulents coups de sonnettes nous parvenons finalement à rassembler nos affaires sur le quais. Passé le bizutage du train, les choses sérieuses commencent. Qu'y a-t-il à visiter ? Que mangeons-nous ? Où allons-nous ? Où dormons-nous ? Telles sont les questions qui nous animent pendant une semaine.

Notre périple en chiffres

7 jours, 6 nuits, 340km, 3 départements, 9 châteaux, 1 vigneron, 3 campings, 3 averses

Depuis la gare de Blois et profitant de la liberté que nous offre le vélo, nous faisons un rapide tour du centre ville. Après avoir déjeuné au bord de la Loire et face à la vieille ville, nous nous dirigeons vers notre première visite. Pour regagner le Château Royal de Blois qui surplombe la ville, il nous faut passer le petit plateau, la petite vitesse et verser les premières goûtes de sueur. Pour la première fois et non sans inquiétude, nous nous séparons de nos affaires. Nous attachons nos vélos en y laissant accrochées nos sacoches sans véritables protections. Nos esprits paranoïaques ne peuvent s'empêcher d'imaginer un voleur de slips et de duvets roder dans les parages. Nos craintes s'estompent et nous laissons volontiers notre matériel devant les grilles des châteaux.

Pédalant de forteresses moyenâgeuses en châteaux Renaissance, les belles demeures se suivent mais ne se ressemblent pas. Chacune y va de ses anecdotes et met en scène l'histoire de France à sa manière. Que ce soit avec un guide, un audio-guide ou les informations à lire, chacun y trouve son compte. Mais si comme nous, vos connaissances en histoire ne dépassent pas le programme du collège, ne vous inquiétez pas, nous avons mijoté pour vous une sélection spéciale Croque and Run. Au délà des vielles pierres, l'itinéraire de la Loire à Vélo regorge de surprises croquantes et gourmandes, voici nos 5 préférés.

Mont Louis Pétillant

5e – Les vignobles

Les pistes cyclables s'écartent volontiers des berges de la Loire pour sillonner les vignes. Au prix d'un peu plus d'effort, on profite alors d'un paysage valloné et sculté par les vignerons. Les rayures régulières que laissent leurs cultures nous font penser à un jardin japonais.
Un peu avant Tours Grâce au réseau Bienvenue à la Ferme, nous avons rencontré un viticulteur indépendant qui nous a accueilli dans sa cave à Montlouis sur Loire. Il exploite 7 hectares de vigne sous l'AOC Montlouis sous l'étiquette du Domaine de la Lutinière. Héritier de l'exploitation depuis plusieurs générations, nous avons rencontré un homme passionné.

4e – Les vergers

La Loire à Vélo évite au maximum les routes passantes. Ce n'est pas plus rapide mais beaucoup plus agréable de suivre les détours proposés. On y traverse les vignes du Val de Loire mais aussi les vergers. Surtout des pommes mais aussi des poires, la spécialité de la région ne passe pas inaperçue et s'étendent à perte de vue. Autant dire qu'en cette saison avec les fruits tombés par terre, nous nous sommes régalés les yeux et les papilles ! Les saisonniers s'activent entre les branches qui plient sous le poids des fruits qu'elles portent.

3e – Le potager de Villandre

A Villandry, le coeur de l'attraction est le jardin. Parmi les neufs châteaux que nous avons visités, il est le seul qui propose un ticket dédié. A Villandry, on visite d'abord le jardin et éventuellement seulement l'édifice. Un peu par manque de temps, nous avons opté pour cette solution et nous n'avons pas vu l'intérieur. Pour un pique-nique et une promenade, nous avons déjà passé plusieurs heures à l'extérieur.
Divisé en plusieurs parties, ce jardin à la française est résolument esthétique. Même le potager a été pensé de manière ornementale. De la disposition géométrique des plans au choix des variétés dans le potager de Villandry, aucun détail n'est laissé au hasard. On y joue avec les couleurs des choux, des tomates et des potirons pour former des damiers que l'on  ne soupçonne pas à première vue d'être à potager.  De plus, depuis quelques années, les jardiniers du château ont progressivement abandonné l'utilisation de produits chimiques en mettant en place des alternatives naturelles comme l'introduction de certains insectes pour combattre les nuisibles.

2e – Les cuisines de Chenonceau

Nombreux sont les salons, les chambres, les anti-chambres et autres pièces où s'étalent les fastes de la cours royal ; beaucoup plus rares sont les accès aux pièces plus fonctionnelles. Chenonceau fait parti des rares châteaux où nous avons pu visiter les cuisines et c'est sans aucune hésitation notre lieu préféré. Comme l'ensemble du château, la restauration est irréprochable et la décoration sublime. Du four à pain à la salle du boucher en passant par le mécanisme de rôtisserie, tout y est reconstitué. Comble du détail, il y a en ornement de véritables paniers de fruits et légumes frais. Nous n'avions qu'une envie : allumer le feu et remplir la marmite !

1er – Les tomates de la Bourdaisière

Le Prince Jardinier Albert de Brogli fait référence dans son domaine, pourtant, son château la Bourdaisière est moins connu que ses voisins prestigieux de la Loire. Comme notre vigneron, le château et son potager sont situés à Montlouis sur Loire à côté de Tours. Pour tous les gourmands, fanatiques de potagers, une halte s'impose. Véritable conservatoire de la tomate, plusieurs centaines de variétés y sont cultivées. On en dénombre pas moins de 650. C'est un plaisir de s'y promener et de papillonner d'un plan de tomates à l'autre, des rouges aux vertes en passant par les jaunes, des petites aux grosses, des rondes aux allongées. Difficile de ne pas céder à la tentation et d'en cueillir quelques unes. Préparez vous à en prendre plein la vue et laissez vous surprendre.

 

Album photos